Le long-mĂ©trage « Murder Party » dirigĂ© par Nicolas Pleskof, est actuellement dans les salles. Cependant, j’ai eu la chance d’ĂȘtre invitĂ©, avec d’autres confrĂšres, Ă une table ronde avec une partie du casting. Le rĂ©alisateur, Nicolas Pleskof, Alice Pol, Miou-Miou, Pablo Pauly et Sarah Stern Ă©taient prĂ©sents pour rĂ©pondre Ă nos questions.
Durant cette session non filmĂ©e, l’ambiance Ă©tait trĂšs dĂ©tendue, et trĂšs conviviale. Beaucoup de rires, et certaines parties n’ont pas Ă©tĂ© retranscrites.
Je remercie Bac Film et l’agence de communication Mensch Agency pour cette opportunitĂ©. DĂ©couvrez le contenu de cette interview.
Toutes ces rĂ©fĂ©rences dans le film sont venues comme ça spontanĂ©ment, oĂč est ce que çâĂ©tait prĂ©vu au dĂ©part ? Comment sâest venu ?
Nicolas Pleskof : Le film est blindĂ© de rĂ©fĂ©rences. Je pense qu’un premier film de toute façon est toujours une sorte dâagrĂ©gat de toute la cinĂ©philie d’un jeune rĂ©alisateur qui se retrouve dans son premier film malgrĂ© lui, donc Ă©videmment, je me suis amusĂ© Ă mettre beaucoup de rĂ©fĂ©rences. AprĂšs, j’ai toujours fait gaffe Ă ce que ça ne prenne pas le pas sur sur le film lui-mĂȘme. J’ai vraiment Ă©crit le film de façon Ă ce qu’on le suive au premier degrĂ© de la façon la plus linĂ©aire possible. Et aprĂšs, il y a cette 2e couche de rĂ©fĂ©rences que je me suis amusĂ© Ă mettre un peu partout pour faire des clins d’Ćil oĂč amusĂ© lors d’une 2nde vision. Mais en tout cas, je voulais faire un film POP. L’essence du POP, c’est de digĂ©rer des rĂ©fĂ©rences pour les ressortir Ă sa maniĂšre. Mais en tout cas, j’ai d’abord fabriquĂ© l’histoire. Jâavais cette esthĂ©tique en tĂȘte trĂšs prĂ©cise. Je savais ce que je voulais faire, j’avais des rĂ©fĂ©rences qui sont assez Ă©videntes, que je voulais vraiment. Je voulais rendre un hommage certain, mais je n’ai jamais voulu tomber dans le le film, le film catalogue, je voulais vraiment que les rĂ©fĂ©rences soit le plus et presque le petit papier de bonbon autour de l’histoire.
Justement, du fait que soit le premier film, on aurait tendance Ă se dire qu’on s’accroche Ă tout, tout doit ĂȘtre important. Tout avait Ă©tĂ© Ă©crit et jouĂ© tel quel ou si c’Ă©tait un peu porte ouverte aussi Ă l’improvisation ?
Nicolas Pleskof : C’est trĂšs Ă©crit Ă la base, c’est trĂšs trĂšs Ă©crit puisque de toute façon ce genre de cinĂ©ma lĂ c’est c’est en fait un genre d’Ă©criture trĂšs technique. Ăcrire un polar, c’est de toute façon extrĂȘmement technique. Je ne l’ai pas fait tout seul. Je l’ai fait avec Elsa Marpeau, qui est un trĂšs grand scĂ©nariste et qui finance sur rue sur tout ce qui est polar justement. Donc il y a quelque chose de trĂšs Ă©crit aussi parce que je voulais que la langue soit trĂšs prĂ©cise et quâil y avait un registre que je voulais vraiment poser. AprĂšs, Ă partir du moment oĂč, tous les comĂ©diens et les Ă©quipes artistiques et techniques, je leur avais bien, je crois, transmis qu’elle Ă©tait le canevas dans lequel je voulais qu’on soit Ă partir du moment oĂč j’ai senti que tout le monde Ă©tait dans le mĂȘme monde, jâai laissĂ© aussi les portes ouvertes Ă de l’improvisation chez les comĂ©diens, a des propositions toujours plus folles dans l’Ă©quipe artistique. Il fallait juste que le canevas soit prĂ©cis Ă partir du moment oĂč je savais qu’on Ă©tait au bon endroit, justement j’aurais Ă©tĂ©, je pense bien prĂ©tentieux de ne pas laisser tous ces gens qui ont tous plus travaillĂ© que moi, pour me faire des propositions pour le milieu du film.
Justement, quelle est la genĂšse du film, qu’est-ce qui a fait vous ĂȘtes parti sur cette idĂ©e de faire une sorte de cluedo gĂ©ant ?
Nicolas Pleskof : Je savais que je voulais faire un un « Whodunit », donc un film Cluedo puisque câest un genre qui mâa toujours beaucoup, beaucoup intĂ©ressĂ© parce qu’il y a tout ce que j’aime au cinĂ©ma dans ce genre de film, il y a le huis clos, il y a la nĂ©vrose familiale, il y a la comĂ©die, et faite que c’est un genre qui permet de faire du cinĂ©ma POP et trĂšs irrĂ©aliste. Et je savais que je voulais faire un premier film qui parle de la famille et c’est vrai que ce genre-lĂ m’est apparu presque hyper organiquement vu. Je pense qu’on peut difficilement trouver un genre plus adĂ©quat pour enfermer les familles ensemble, les faire se confronter Ă tous leurs pires secrets, Ă leur vĂ©ritĂ© et surtout le faire dans la comĂ©die. Donc c’est un genre qui m’a. VoilĂ , j’avais fait 2 courts mĂ©trages avant qui Ă©taient des comĂ©dies de genre. Aussi lĂ c’est une comĂ©die d’horreur. L’autre, c’est une comĂ©die historique et j’ai l’impression que j’ai une espĂšce de tropisme Ă apprendre un genre et le passer par le prisme de la comĂ©die.
DâoĂč Ă©tait venue cette idĂ©e et pour vous, les acteurs, si vous aviez dĂ©couvert les Ă©nigmes au moment du tournage ou si tout Ă©tait Ă©crit ?
Nicolas Pleskof : Je voulais rĂ©aliser un film jeux de A Ă Z C’est Ă dire un film ludique. Un film dans lequel dans la premiĂšre partie, les spectateurs jouent et dans laquelle la 2e partie, les spectateurs jouent presque, avec et contre les personnages sans Ă©videmment rĂ©vĂ©ler. Mais je voulais vraiment mettre le spectateur dans une position de joueur en permanence. J’ai construit la direction artistique comme un jeu et mĂȘme dans la façon de travailler avec les comĂ©diens ou l’Ă©quipe technique. C’Ă©tait vraiment l’idĂ©e de substituer au jeu d’acteur, le jeu d’enfant. C’est vraiment, on va faire comme si on va jouer comme si papa Ă©tait mort, il y avait ce truc, il faut y aller de façon trĂšs premier degrĂ©, et en mĂȘme temps trĂšs anti dramatique parce que tout ça est un jeu. J’aime Ă©videmment fondamentalement les jeux, mais moi je suis surtout trĂšs fan d’Escape Games parce que c’est je trouve la forme de jeu ultime. Le plateau de jeu taille rĂ©elle et y’a un truc assez fascinant dans les escape game et comme dans les jeux de sociĂ©tĂ© c’est que vous mettez des gens tout Ă fait normaux dans une situation donnĂ©e et lĂ tous les codes changent, c’est Ă dire que vraiment vous mettez une famille dans un Escape Game, on va tous se bouffer le nez. Genre parce que c’est trĂšs trĂšs grave de pas trouver ce que veut dire ce code lĂ et que t’es vraiment un imbĂ©cile de pas avoir trouver la clĂ© et que comment tu peux dire une chose pareille, moi qui ai toujours Ă©tĂ© un trĂšs bon joueur. Enfin bon, ça met dans des situations oĂč tout Ă coup tout l’univers est annulĂ© pour rentrer dans une espĂšce de fiction au sein dâau milieu de gens normaux. Ăa m’a toujours beaucoup plu et c’est trĂšs proche du cinĂ©ma. AprĂšs tout Ă©tait trĂšs Ă©crit, mais dans les Jeux surtout, ce sont les sĂ©quences dans lesquelles les acteurs se sont le plus permis de composer et de pousser les scĂšnes plus hautes.
Pablo Pauly : Mais c’Ă©tait Ă©crit, on Ă©tait au courant, il nây a pas eu de surprises. Je pense, c’est moins agrĂ©able dâailleurs de jouer la surprise tout le temps, sans savoir ou on joue, qu’on a un rĂŽle Ă faire. Il faut ĂȘtre au courant et c’est Ă©crit.
Justement sur le jeu. Ă un certain moment, on serait presque un peu dans le théùtre de boulevard, quelque chose de trĂšs sur jouĂ©, justement qui sert Ă l’histoire. Du coup, comment on sur joue pour ne pas ĂȘtre trop ridicule ? Parce que on peut vite basculer dans quelque chose qui qui est moins crĂ©dible. Comment on arrive Ă trouver la bonne ligne directrice pour ça et est-ce que c’est du coup c’est compliquĂ© Ă jouer ou pas ?
Miou-Miou : Il y a aussi quelque chose, c’est que quand elle arrive, quand Alice arrive dans la maison. On dit aujourd’hui, c’est Murder Party, il y a tout de suite la scĂšne oĂč il s’attaque, les 2 femmes s’attaquent, et donc c’est annoncĂ© d’avance que c’est un jeu.
Alice Pol : Oui, ça part de là . Il y a que moi qui suis premier degré quoi.
Justement, comment on trouve le curseur pour sur jouer, mais pour ne pas ĂȘtre ridicule. Restez toujours dans quelque chose de crĂ©dible ?
Sarah Stern : On nâa pas peur d’ĂȘtre ridicule en s’en mettant au metteur en scĂšne en lui faisant suffisamment confiance pour oser en faire trop, oser ĂȘtre mauvais. En effet, il y a toujours sur le fil et je pense il y a quelque chose de théùtral Ă©videmment, il y a tout un tout un canevas, toute une direction artistique, une construction, mais il faut nous, acteurs, ça doit partir d’une de quelque chose de sincĂšre, mĂȘme si c’est plus vrai que nature.
Alice Pol : Oui, quelque chose d’enfantin faut ĂȘtre.
Sarah Stern : Il faut une forme de sincérité, toujours.
Miou-Miou : Mais dans la nĂ©vrose de la sincĂ©ritĂ©, chacun a ses nĂ©vroses et tout d’un coup, il sort cette douleur quelque part, qui se manifeste d’une façon diffĂ©rente, peut-ĂȘtre dans le cri, peut-ĂȘtre dans le geste, peut-ĂȘtre plus intĂ©rieur. A chaque fois qu’on avance, on voit un indice qui rĂ©vĂšle que chaque personne dans cette famille a eu des raisons de tuer CĂ©sar. Ăa rĂ©vĂšle une nĂ©vrose qu’on exprime d’une façon diffĂ©rente, mais qui a le droit d’ĂȘtre lĂ parce qu’elle est profonde.
Nicolas Pleskof : Oui, complĂštement. CâĂ©tait vraiment en plus, la direction que je leur avais donnĂ©e. C’Ă©tait vraiment justement d’aller dans cette théùtralitĂ©. En tout cas, cet excĂšs Ă l’anglaise et d’aller aussi quand vous arrivez sur ce dĂ©cor, dans ses costumes, avec cette lumiĂšre. Je dirais quelque chose de presque automatique aussi, je pense qui se fige, qui, qui se met en tout le monde, c’est Ă dire que moi, derriĂšre la camĂ©ra, ça me paraĂźt presque Ă©vident, qu’il faut que tout soit finalement gĂ©omĂ©trique dans ce plan et que l’ampleur des mouvements dans ce sens-lĂ . Et oui, le reste suit. En fait, c’est un truc qui va assez de soi et c’est vrai que je rejoins ce que dit miou-miou lĂ -dessus, c’est que chaque personnage Ă un moment prĂ©cis, Ă un instant de vulnĂ©rabilitĂ© qui apparaĂźt ou le jeu, et peut ĂȘtre tout Ă coup un peu moins outrĂ©e, mais qui en fait permet d’accepter le personnage dans sa globalitĂ©. La sĂ©quence justement oĂč Miou-Miou rĂ©vĂšle le dialogue que tu as avec Pascale Arbillot oĂč tu rĂ©vĂšles justement ta douleur vis-Ă -vis de de CĂ©sar est en fait dans un tout Ă coup dans un registre de jeu qui est plus posĂ© mais qui en fait presque permet de donner toute l’Ă©paisseur au personnage. LĂ sĂ©quence oĂč Sarah rĂ©vĂšle aussi son passĂ© et en fait chaque personnage Ă cet instant-lĂ qui amĂšne une sorte d’Ă©quilibre Ă la folie aussi.
Il y a un cĂŽtĂ© vintage, mais en mĂȘme temps ce mix de technologie. On le voit surtout au dĂ©but du gĂ©nĂ©rique, il est diffĂ©rent de ce qu’on voit d’habitude. Et on tombe derriĂšre, il y a ces costumes des annĂ©es 70, mais il y a toujours le cĂŽtĂ© technologique. Câ’Ă©tait un fait vraiment voulu de votre part de base ou ça s’est installĂ© au fur et Ă mesure d’Ă©crire le scĂ©nario ?
Nicolas Pleskof : Non, non, c’Ă©tait un truc que je voulais trĂšs trĂšs vite, je voulais crĂ©er un univers complĂštement intemporel et dont l’espace et le temps soit complĂštement antidatĂ©, donc je voulais vraiment un mĂ©lange de beaucoup d’Ă©poques. J’avais donnĂ© comme direction Ă toute l’Ă©quipe, contemporain surannĂ©, qui Ă©tait ? Bah, par exemple, ce que Wes Anderson fait trĂšs bien, ça veut dire qu’on est aujourd’hui, mais que tous les codes vont des annĂ©es 60 Ă 70. Les derniers, je ne me compare pas câest une rĂ©fĂ©rence. Mais les derniers jouaient beaucoup à ça. C’est Ă dire ce sont des films qui sont dans un qui qui ne sont pas d’Ă©poque mais qui pour le coup sont aussi complĂštement temporelles et c’Ă©tait important pour moi de faire ça parce que le scĂ©nario, si vous le lisez tel quel, il se passe que des choses aberrantes et tout est fou. Et pour justement que le spectateur accepte cette folie, il fallait que l’univers soit ajustĂ© Ă cette folie. Ăa a commencĂ© par annuler l’Ă©poque, annuler l’espace et crĂ©er un espace qui n’existe que dans le film, c’est Ă dire un plateau de jeu gĂ©ant dans lequel il nây a pas trop de rĂ©fĂ©rences. Si vous arrivez dans ce manoir et quâil y a Le Figaro du jour posĂ© sur la table on se dit qu’il y a un problĂšme. Si vous arrivez dans ce manoir et que on est dans une Ă©poque complĂštement indĂ©finie avec des costumes qui sont presque des uniformes Ă©clairĂ©s de façon rose et bleu, et tout filmĂ© de maniĂšre gĂ©omĂ©trique et comme une maison de poupĂ©e, vous vous dites, je suis beaucoup plus prĂȘt Ă accepter que ça aille trĂšs loin que si on Ă©tait dans un truc trop rĂ©fĂ©rencĂ© donc c’Ă©tait important pour moi. Et voilĂ , la plupart des films cluedo joue avec ce cette intemporalitĂ© aussi.
Le tournage ça s’est passĂ© comment en fait vous ? Tout le monde est restĂ© sur place, le temps de tournage ou non ?
Alice Pol : Pas pour dormir, heureusement.
Miou-Miou : Oui, parce quâen plus, dans ce manoir qui Ă©tait un miroir, en plus du dĂ©cor, il y avait beaucoup de tĂȘtes de biche.
Alice Pol : Il y avait de lâempaillement.
Miou-Miou : On craignait que le lendemain, notre tĂȘte y Ă©tait. Il y avait quelque chose dâun peu oppressant aussi.
Alice Pol : fermé quoi, trÚs étouffant.
Personne nâa dormi Ă lâintĂ©rieur ?
Alice Pol : Moi j’ai envisagĂ© tellement jâĂ©tais crever dans ma loge.
Ăa a durĂ© combien de temps le tournage ?
Nicolas Pleskof : C’Ă©tait 6 semaines, 30 jours entre le Crotoy, donc ce chĂąteau. Mais il y a aussi des piĂšces qu’on a faites en studio dans Ă Lyon, Ă Villeurbanne. La chambre adorĂ©e de miou. La Chambre de de CĂ©sar et SalomĂ© et la salle de fin ont Ă©tĂ© faites en studio. Mais l’idĂ©e, c’Ă©tait vraiment de donner de de donner cette impression un peu ; tu vas rigoler, maison de Snoopy. On ouvre une porte dans un couloir qui Ă l’air trĂšs Ă©troit et on tombe sur une piĂšce gigantesque.
Ce n’est pas plus dur pour vous, les comĂ©diens, de jouer quelqu’un qui sait tout, mais qui doit jouer quelqu’un qui ne sait rien ?
Alice Pol : En mĂȘme temps-lĂ on a ça a chaque tournage, il faut redĂ©couvrir une scĂšne. Moi je sais que ce que je fais. Câest que j’apprends tout nickel et aprĂšs le matin, quand on joue, on ne tombe pas dans l’ordre Ă©videmment. Je ne sais pas ce qu’on va jouer en fait, ce qui fait que j’ai toujours un petit moment. Je vois que tout met en place, je dis oui, on doit jouer ça oĂč je suis un peu perdu. Et en fait, j’ai le truc qui a intĂ©grĂ© et en mĂȘme temps je redĂ©couvre ça, faut se le rĂ© soi-mĂȘme c’est possible.
Sarah Stern : Pour revenir Ă ce quâon ne peut pas rĂ©vĂ©ler de ce film, on ne peut pas jouer, qu’on sait quelque chose, mais on ne joue pas le mensonge. On joue les situations. On ajoute pas la dimension du mensonge donc on joue Ă fond ce qu’on doit jouer et sans trop penser Ă cette voie-lĂ , Ă cette double lecture ou twist final.
Pablo Pauly : C’est lĂ oĂč c’est intĂ©ressant, c’est quand on voit le film, c’est de se dire Bah en fait, dĂšs le dĂ©but.Et en rĂ©alitĂ© sur moment mĂȘme, on le voit, il y a rien qui transparaĂźt.
Comment est-ce que vous avez travaillĂ© avec le jeu avec un jeune acteur (NLDR : Adrien Guionnet) pour pouvoir vous faire comprendre. Alors elle c’est ta maman.
Sarah Stern : Attention il a l’apparence d’un acteur, mais en faitâŠ
Alice Pol : C’est le meilleur d’entre nous. Parce qu’il a eu plusieurs vies quand mĂȘme, mais Ă chaque fois, il Ă©tait acteur et peut ĂȘtre metteur scĂšne, producteur, distributeur, il a fait toutes les Ă©tapes et maquilleurs.
Nicolas Pleskof : Ce qui est assez surprenant, c’est qu’en fait quandj’ai castĂ© ce petit garçon qui en fait a fait plus de films que moi. ConcrĂštement, il a fait une sĂ©rie complĂšte, il a fait 2 films. Enfin y’a un truc oĂč limite, c’est lui qui m’apprenait le plateau quoi. Jâavais dĂ©jĂ tournĂ© un court-mĂ©trage avec un enfant et j’avais dĂ©jĂ un peu senti ça. Les enfants, trĂšs jeunes acteurs, ont une espĂšce de naturel et de façon de jouer complĂštement, soit terrifiante, soit fascinante, mais c’est il y a un cĂŽtĂ© presque non pas robot, mais un cĂŽtĂ©, on n’a pas besoin de faire des courbettes devant lui en lui disant Machin est ça, machin et machin nâest pas mort en fait. En fait pour lui finalement jouer Ă dire que des trucs improbables, c’est son quotidien. C’est Ă dire que vous lui dites quand vous essayez de de lui dire vraiment avec toutes les pincettes du monde, voilĂ , tu dois jouer que ton papa est mort et tout en fait, il a besoin de mettre des pincettes. Il va dans la Cour de rĂ©crĂ©, il dit, il joue Ă la guerre, il dit Ă papa est mort. Donc en fait, il a un apport au jeu hyper naturel et il comprenait tout. Justement, je pense que les enfants inventent des scĂ©narios bien plus tordu que les nĂŽtres, donc vraiment rien ne lui paraissait bizarre.
Alice Pol : Tu as une vision de l’enfance…
Nicolas Pleskof : Absolument, mais en tout cas rien ne lui paraissait bizarre et il Ă©tait d’un professionnalisme stupĂ©fiant parce que on ne pouvait pas lĂ , il pouvait rester que 4h par jour sur le plateau et donc on tournait la majeure partie des plans sur lui au dĂ©but. Et le reste de la journĂ©e, quand il Ă©tait parti, on faisait les contrechamps. Donc si vous voulez, il y a beaucoup de plans du gamin oĂč il ne joue face Ă rien, c’est Ă dire que toute la scĂšne de l’Ălectro brain oĂč il rĂ©agit sur le lit, il n’y a jamais eu personne devant lui. Et quand il est justement la scĂšne dont on parlait quand il fait cette remarque qu’il nous fait nous poser des questions, il ne la faisait Ă personne. sEt quand Pascal et et Sarah rĂ©agissent, il n’Ă©tait pas lĂ . Elles rĂ©agissaient Ă une balle de tennis. Donc si vous voulez c’est d’autant plus surprenant qu’il avait un professionnalisme de fou.
Alice Pol : Plus que nous, tu veux dire en tout cas.
Parmi les jeux, lequel vous avez prĂ©fĂ©rĂ© jouer ? Est-ce qu’il y a des jeux qui ont Ă©tĂ© abandonnĂ©s aussi ?
Alice Pol : Lâelectro brain on ne savez mĂȘme plus ce qu’on faisait. Moi, je savais plus ce que je faisais. Le tiroir avec le pauvre Monsieur qui est venu nous apprendre.
Sarah Stern : J’ai une petite fiertĂ© sur l’arc et c’est bien la seule. J’ai appris le matin mĂȘme, j’ai dĂ©cochĂ© 3 flĂšches le matin mĂȘme entre le maquillage et avant le premier plan et je pense que c’est pareil pour mes camarades. On a fait une scĂšne, OĂč galvanisĂ©, n’est-ce pas par la situation ? J’ai rĂ©ussi en plan-sĂ©quence Ă tirer et Ă marquer. C’est la scĂšne qui est d’ailleurs, je crois monter dans le film et j’ai eu un sentiment de satisfaction.
Nicolas Pleskof : Non, on a un tout petit peu. Il y a quelques petits trucs, j’ai Ă l’Ă©criture un petit peu calmĂ© parce que c’est vrai que au dĂ©but, quand j’Ă©crivais le film, le registre d’humour changait toujours et j’Ă©tais allĂ© dans un truc beaucoup plus cruel qui n’allait pas avec le film. Par exemple dans la salle d’Escape Game, un moment, on avait une tĂȘte de CĂ©sar qui apparaissait. Je sais bien mais c’est parce que je me suis dit que tu ne le ferais pas dans ces cas-lĂ (En parlant de Miou-Miou). Donc je me suis ditâŠPar exemple, il y avait dans la scĂšne de Ă©lectro Brain, on Ă©lectrocutait, le gamin aussi. Et lĂ , je me suis dit, en fait, je pense que c’est lĂ , c’est le moment oĂč c’est moins drĂŽle.
Alice Pol : Si, il était chiant, il était chiant.
Nicolas Pleskof : Et dans les jeux auxquels vous avez Ă©chappĂ©, il y avait une version du scĂ©nario.I l y avait 4 jeux, il y avait le babelio dans la chambre de ThĂ©o et en fait, le but, c’Ă©tait deâŠlâindice Ă©tait quelque part dans le plafond Ă un endroit trĂšs prĂ©cis et en fait, il fallait que les joueurs fassent une tour avec une liste d’objets qu’on leur donnait Ă rĂ©cupĂ©rer dans le manoir. Et il n’y avait qu’une seule combinaison d’objets possibles pour arriver en haut. On m’a dit, c’est un premier film, tu te calmes. Ensuite, l’idĂ©e, c’Ă©tait que ce soit le gamin qui monte, on m’a dit, la DASSâŠ
Alice Pol : Tu arrĂȘtes avec les enfants.
Nicolas Pleskof : Donc pour toutes ces bonnes raisons, nous ne l’avons pas fait.
Pour vous Pablo, vous ĂȘtes un peu le Monsieur loyal du film. C’est vous qui avez la ligne directrice, qui gardez l’histoire en place. Votre personnage, en tout cas, est aussi tiraillĂ© par des sentiments qu’il a sur le personnage d’Alice. Donc du coup, comment vous avez approchĂ© ce rĂŽle, comment vous l’avez travaillĂ© ?
Pablo Pauly : Un peu comme tous les autres, j’essaye des choses, j’essaye plein de trucs. Mais moi, j’essaie de trouver d’abord la dĂ©marche, le corps, puis aprĂšs ça suit assez bien. Il y a pas mal de film ou tu cherches Ă modifier tes dialogues pour que ça devienne mieux ? LĂ , ce nâest pas le cas, donc j’ai travaillĂ© de maniĂšre assez classique en fait. Et je ne me suis pas posĂ© trop de questions parce que je commence de me dire que je dois jouer ça sans montrer que bidule et aprĂšs l’autre je tombe amoureux, ça va devenir trop compliquĂ© donc tu joues trĂšs premier degrĂ© et tu fais confiance au rĂ©alisateur surtout…
Nicolas Pleskof : Ăa câĂ©tait complĂštement pour le coup, le Monsieur loyal. ThĂ©o, c’est vraiment le personnage qui fait la jonction entre le monde des fous et le monde plus rĂ©el qui est celui de Jeanne. Et c’est vrai. Je me permets de te de te complimenter sur ça, c’est que je trouve que la frontiĂšre entre les 2 Tu l’as. C’est Ă dire que tu es Ă la fois, tu nous tues, tu nous rassures, puis tu nous inquiĂštes, puis tu nous sĂ©duis. Mais en mĂȘme temps, tu es quand mĂȘme bien flippant. Il y a je trouve que ta partition est compliquĂ©e.
Est-ce que vous vous ĂȘtes amusĂ©s, vraiment ?
Tous : Oui
Nicolas Pleskof : Oui, mais surtout, il y avait un truc un peu miraculeux parce qu’on Ă©tait entre les 2 confinements en plein, on Ă©tait en en dĂ©cembre. C’est Ă dire que passer la journĂ©e dans ce manoir a Ă faire ce film qui est un film trĂšs joyeux, dans une ambiance trĂšs joyeuse. Puis on rentre le soir avec nos attestations, on allume la tĂ©lĂ©, c’est l’apocalypse. Donc il y avait un truc qui Ă©tait une espĂšce d’enclave.



